Image ...Dans un premier temps les Romains exerceront le pouvoir par le truchement d'un roi "fabriqué "par eux, Hérode dit le Grand. Personnage souvent décrié, il assura quarante années de paix, de stabilité et de prospérité à la Judée romaine. Mais les purs ne lui pardonneront jamais de n'être qu'un demi-roi demi-juif, et d'avoir assassiné sa femme de lignée hasmonéenne, ceci jusqu'à nos jours encore. Quatre ans après sa mort, les Romains opteront pour la gestion directe d'une Judée devenue colonie et non plus un royaume sous protectorat. Leurs procurateurs auront le droit de frapper des petites monnaies de bronze, et la grande modestie de celles du plus fameux d'entre eux, Ponce Pilate, contraste avec le rayonnement de sa célébrité pendant les vingt siècles qui suivront. La révolte des Juifs contre les Séleucides (restée célèbre grâce aux Macchabées et à la fête de Hannoukah), puis contre les Romains, révèle l'impérieux besoin de remplacer les monnaies des occupants par des monnaies hébraïques dès que ceux-ci sont en position de faiblesse. « Peuple fier et dominateur » avait dit le Général : ce compliment lapidaire trouve une traduction dans le domaine monétaire. Mais ces révoltes révèlent aussi les fractures entre assimilationnistes prêts à s'helléniser ou se romaniser versus les gardiens du Temple pour lesquels le respect de la Loi et de ses interdits vaut plus que la vie. Cela aussi se reflète à travers les monnaies. Cette longue et douloureuse histoire explique les racines très lointaines du sionisme, et dès la création de l'actuel état d'Israël, les monnaies de celui-ci seront en majorité des références à celles émises par ceux de leurs lointains ancêtres lors de leurs rebellions.